Contre Saint-Etienne dimanche (3-1), Bordeaux a connu un trou d'air presque incroyable durant la moitié de la seconde période. « J'ai vu un peu d'affolement, alors qu'il n'y avait pas lieu d'en avoir, analyse Laurent Blanc. De temps en temps, en football, il faut réfléchir avec la tête, et se dire que les autres équipes ne jouent pas à douze, treize, ou quatorze joueurs. Sur des phases arrêtées, pris dans cette fébrilité, on a peut-être pensé que Saint-Étienne jouait à quatorze, alors qu'on a pu s'apercevoir que quand Bordeaux pouvait aussi gagner des matches quand il n'avait pas plus la possession de balle que l'adversaire ». Ce match face aux Verts pourrait faire grandir son équipe. « Le fait que Saint-Étienne soit revenu au score nous a mis dans l'embarras, et on a commencé à déjouer. (...) Paradoxalement, c'est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver à mon équipe, parce que les joueurs ont eu peur. Et c'est bon d'avoir peur dans un match. Cinq minutes après, ils ont marqué le troisième but... »
La blessure à la cuisse d'Alou Diarra, clef de voûte de l'édifice défensif bordelais, conjuguée à un coup de moins bien collectif, a obligé Blanc à une redistribution des rôles et à stabiliser son système de jeu en 4-2-3-1, plutôt que dans son 4-4-2 en losange de l'an dernier. « Il arrive que l'on ne soit pas toujours performant, mais je ne fais pas cas de ça, dit Blanc en référence à la baisse de rendement actuelle de Yoann Gourcuff. Effectivement, on aimerait que tous les joueurs soient au meilleur de leur forme, lui y compris, même si ce n'est pas le cas. Mais je pense qu'il y a des signes encourageants. » Notamment le niveau de Wendel, dimanche, et l'implication de Chamakh à trois mois de sa fin de contrat.
Arme fatale du jeu offensif bordelais, le jeu par les côtés fait moins la différence depuis décembre. « Trémoulinas ? Il devient l'une des forces de Bordeaux, et les adversaires le voient aussi jouer », explique le manager girondin sur son latéral gauche auteur de sept passes décisives. La moindre influence de ses latéraux - Chalmé est aussi concerné - n'embarrasse pas Blanc pour peu qu'ils restent performants derrière. « Qu'on soit bon défensivement d'abord, et après, les choses s'enchaîneront. (...) Contre Saint-Etienne, je voulais retrouver le bloc équipe pour nous rassurer défensivement.»
Blanc, qui assurait après l'élimination en Coupe de France face à Monaco (0-2), que tout n'allait « pas mal », a eu pour l'essentiel ce qu'il attendait de son équipe dimanche. « Le progrès qu'il fallait accomplir le plus rapidement possible, c'était de relever les défis physiques que l'on voulait nous imposer. Et on a démontré qu'on le pouvait, après avoir un peu perdu cet état d'esprit de combat, de duel. C'est important de savoir que c'est une qualité sur laquelle Bordeaux peut s'appuyer. » La présence de Sané au milieu à la place de Diarra a rassuré l'équipe. « Il amené sa densité physique et son potentiel défensif. Saint-Étienne a voulu nous infliger un impact physique. Les joueurs ont répondu aux attentes du staff. Nous avons un gros potentiel physique ; l'adversaire s'en est aperçu dans ce match rugueux. » - Laurent BRUN, à Bordeaux.

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